L’escroquerie du patriotisme français israélo-compatible

Notons tout d’abord qu’on distinguera ici la question sioniste (définie comme le soutien à Israël et à ses intérêts, matérialisé hors dudit pays par les groupes de pressions comme l’AIPAC), de la question juive (définie comme l’internationalisme politique du monde sans frontière, matérialisé par les discours hypnotiques des innombrables juifs mondialistes).

Si certains pensent que les seconds constituent des alliés possibles dans la quête d’une souveraineté recouvrée, on ne peut plus rien pour eux. Attaquons nous donc à la ligne israélo compatible qui se subdivise en deux familles :

  • la pure et simple judéolatrie (les juifs en général nous ressemblent et sont nos alliés face à l’islam).
  • La ligne « antisémite » (c’est-à-dire consciente du rôle joué par les intellectuels juifs pour l’immigration et le multiculturalisme) mais pro-israélienne. Cette dernière constitue une forme inédite de schizophrénie consistant à vomir le juif le mardi, et à l’encenser le mercredi, une fois qu’il a passé les portiques de l’aéroport ben Gourion.

 Il ne sera pas question d’utiliser hypocritement le mot « sioniste » à la place du mot « juif » : les mots ont un sens et doivent être à leur place. On note que ce procédé rhétorique de dissimulation, utilisé comme un parapluie visant à se prévenir du tabou suprême, a perverti le débat et embrumé la tête des plus simples d’esprits.  Le lecteur se rappelle peut-être de discussions nocturnes et avinées avec une belle âme en keffieh, soutenant que « le sionisme n’a rien à voir avec le judaïsme.. »

Pour ceux qui se figurent le spectre politique « dissident » comme un axe polarisé et binaire, précisons enfin que selon nous l’Islam porte en ses textes les germes de sa violence actuelle et qu’il est un corps étranger en Europe. En outre, si la création de l’Etat d’Israël s’est fait dans un tourbillon d’injustice, nous préférons mille fois un juif vivant tranquillement à Eilat ou à Haïfa à un Raphael Glucksman, intellectuel juif au pilote automatique bloqué sur le corrosif triptyque « multiculturalisme/mondialisme/tolérance ».

Israël, pays nationaliste défendant nos valeurs

Il faudrait, nous dit-on, admirer et supporter Israël en tant que pays nationaliste. Admirer l’ultranationalisme agressif d’Israël par réaction aux  excès du gauchisme qui vomit le mot « nation » parait pourtant aussi stupide que de se réfugier dans le laïcisme « Caroline Fourest » face aux revendications musulmanes. Ainsi, Jean-Natio, dégouté par le gauchisme bêlant et les utopies d’un monde bisounours, verrait dans l’Etat d’Israël une Sparte moderne défendant bien haut les valeurs du monde occidental. Ce que jean-natio oublie un peu vite, c’est que ces fiers guerriers sont en réalité des grands ados boutonneux, pour qui la case armée est un passage obligé, et qui se sont cassé les dents en 2006 face à un ennemi 10 fois moins nombreux qu’eux. Il oublie aussi qu’Israël est au premier rang du progressisme hideux qu’il dit haïr : Tel Aviv capitale revendiqué de l’homosexualité, Israël champion de la  PMA et la GPA, ONG israéliennes prenant part à la vague migratoire actuelle…D’aucuns répondront avec raison que les juifs religieux ne sont pas vraiment gay-friendly, ce qui illustre le manque de cohérence de cette société. Par exemple, les israéliens laïcs tiennent sur les compatriotes ultra-orthodoxes des propos très rancuniers, allant jusqu’à flirter avec l’antisémitisme le plus débridé : ces hommes vêtus de noir seraient ainsi des parasites, qui vivent en Israël tout en remettant en cause sa légitimité biblique, ne font pas leur service militaire et ne travaillent pas…Entre la gaypride de Tel Aviv et les fiévreuses études talmudiques dans les yeshivas de Jérusalem, entre les pacifistes et les colons, on a donc affaire à un pays schizophrène dont les fractures dépassent de loin la martingale de la diversité d’opinion.

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La plus grande GayPride du monde est à Tel Aviv #pinkwashing

La réalité quotidienne de ce « nationalisme » est teintée de névroses (alyiah ratés, sépharades vs askénazes, société déchirée) et de mesquineries (chekpoint ou d’inoffensives fatimah croupissent pendant des heures, familles caillassés par des colons agressifs), pas de grandeur et d’élévation.

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Valeureux guerrier maitrisant un terroriste

Quant à la défense du monde occidental, c’est faire croire que les juifs ont pris une part égale aux chrétiens à la construction et au rayonnement de la « civilisation occidentale »…Il s’agit là d’une assertion pour le moins osée. Concentrons-nous ici sur la France : Clovis, Notre Dame de Paris, le Sacré Cœur, les frères lumière, Louis XIV, Victor Hugo, le Notre, Lully, Napoléon, De Gaulle…non vraiment, on a beau faire la mise au point, pas de juif à l’horizon. C’est aussi et surtout faire croire que par leur comportement toujours exemplaire et vibrionnant de bonté et de grandeur, les juifs sont les porteurs des valeurs du monde occidental. Le lecteur piqué par cette dernière phrase, et voulant comprendre les raisons de cette ironie trouvera devant lui une montagne d’écrits, legs d’esprits aussi étroits et limités que Voltaire, Dickens, Soljenitsyne, Shakespeare, Kant ou encore Heidegger…

Les arguments donnés en défense de cette ineptie civilisationnelle relèvent sont bien souvent à côté de la plaque : « ils ont un bon PIB », « c’est la nation start-up », « c’est une démocratie ». Voir un pseudo faf brandir le caractère démocratique d’un pays en argument mélioratif ne manque pas de sel. Enfin, dire qu’Israël est un allié civilisationnel, c’est oublier que ce pays n’a pas d’alliés mais des vassaux ou des rivaux. Allez donc en parler avec un militaire américain pas trop bête et pas prêt d’oublier les infamies de l’USS Liberty et de Jonathan Pollard…La soi-disant alliance US-Israël est une combine à sens unique : tu nous filles des milliards et on t’espionne en retour ! Ne parlons pas du fait que tout criminel pris la main dans le sac et qui se trouve être juif peut trouver refuge en Israël sans craindre d’extradition…

Israël, rempart contre l’islamisme

L’arsenal rhétorique offensif (et le terme est hyperbolique, leur argument ressemblant plus à des pistolets à eau qu’a des MG42) des tenants de la ligne droite souverainiste (extremmme-drouuate) israelo-compatible tient dans le fameux « ci li siounistes ». Pour les non-initiés, ce mot clé vise à moquer et discréditer les partisans d’Egalité & Réconciliation, qui occultent les turpitudes musulmanes pour mieux braquer les projecteurs sur les « sionistes ». Dire qu’ER fait preuve de mauvaise foi dans sa mise en avant d’un islam de France patriote (oxymore, l’islam étant par essence un internationalisme), et qu’il applique une culture de l’excuse toute gauchiste à chaque acte terroriste commis par un musulman est un constat légitime partagé par beaucoup. De là à prendre le contre coup en se ruant vers la polarité opposé, tel un initié de la dissidence dépassant l’antisionisme à la force de son indépendance d’esprit, il y a un monde.

Par ailleurs, si laver l’islam de toute velléité guerrière et violente est une escroquerie, le « ci li siouniste » n’est pas toujours usurpé. Plutôt qu’une longue litanie accablante, occupons-nous de l’actualité : Israël soutient (soigne et équipe) les groupes jihadistes qui combattent Assad en Syrie. Soit cet Etat si rugueux s’est découvert une irrésistible vocation humanitaire, soit il estime qu’il s’agit de ses intérêts stratégiques. Le sujet n’étant pas de faire de la pédagogie sur la géostratégie israélienne, le lecteur peut toujours taper « Oded Yinon » dans google. Pas de chance pour celui chez qui cette information provoque un bug 404, il s’agit d’une info affirmée par l’ONU et le Wall Street Journal, pas un site conspirationniste de derrière les fagots. Plus grave, le ministre de la défense israélien Moshe Yalon a affirmé dans le plus grand des calme qu’il préférait largement daech à l’Iran. Rappel au cas où : daech a ensanglanté Paris et Nice, frappant au hasard des gens qui auraient pu être ta nièce, ton frère ou ta mère. La dernière fois que l’Iran faisait de même c’était dans les années 80, et pour des raisons bassement économiques (Eurodiff). Et le Hamas me direz-vous ? En voilà des barbus ! Tout d’abord le Hamas n’est pas une organisation qui trouve grâce à nos yeux : on ne peut pas approuver le terrorisme aveugle (s’en prendre à des civils au hasard), d’où qu’il vienne. En outre, s’il s’agit bel et bien d’islamistes, le moteur de leur lutte réside plus dans des raisons politiques et territoriales que dans leur fanatisme religieux.

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Au calme, Moshe « belle gueule » Yalon préfère ISIS à l’Iran

Les israéliens ont armé les druzes contre les chrétiens pendant la guerre civile libanaise, ils ont discrètement encouragé la montée du Hamas pour mieux fragmenter le paysage politique palestinien, copinent avec les saoudiens…Bref, quand Israël ne l’instrumentalise pas, il se complait de l’islamisme radical dont daech constitue l’émanation la plus hideuse.

Les Palestiniens sont des racailles de banlieue

On tombe ici dans le bas de plafond mais il faut bien, après tout, mettre les mains dans le cambouis. Certains fantasment en effet une équivalence entre Rachid, l’algérien haineux, bête et méchant qui vend du shit dans sa cage d’escalier et a déjà trois agressions gratuites au compteur, avec Farouk, jeune palestinien dont la maison familiale pluriséculaire a été détruite pour y loger une famille juive de Russie…Ainsi, lancer des pierres face à des Merkava pour réclamer le droit de ne pas crever à petit feu dans une prison à ciel ouvert serait du même acabit que bruler une poubelle a Grigny pour caillasser les pompiers…

La mode pernicieuse du patriotisme français pro israélien est donc un piège béant tendu aux plus naïfs des goyims, qui voient dans le soldat en uniforme olive le guerrier qu’ils aimeraient être, dans le palestinien la racaille qu’ils détestent, et dans Gilles William Goldnadel le sauveur de l’Europe chrétienne… Israël ne lutte pas contre l’islamisation de l’Europe, et ne peut concrètement rien apporter aux souverainismes ouest-européens. Les intellectuels qui prêchent le multiculturalisme (comprenez un grand melting-pot difforme ou toute identité est dissolue) se découvrent soudainement une fibre nationale dès qu’il s’agit de leur état chéri. La ficelle est grosse…un peu trop grosse sans doute. Déplorer l’immigration de masse et la perte d’identité tout en cherchant désespérément un tampon casher revient à se plaindre de la grippe tout en léchant les barres du métro.

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Engrenages: une série d’extrême droite ?

Trépidante, fluide et dense, la saison 6 d’engrenage est une franche réussite,  intéressante à plus d’un titre.

Le développement des personnages reste de grande qualité, réaliste et nuancé.

Le lieutenant Gilles Escoffier se montre tantôt emmerdeur ronchon, tantôt nounours altruiste. Ce dernier ne manque jamais de se prendre le bec avec son collègue, Tintin, qui lui se révèle capable de montée d’œstrogènes comme de démonstration de sang froid. Laure Berthaud, bulldozer sur le terrain et bourreau de travail,  s’effondre et fuit face à un bébé qui lui rappelle à quel point son mode de vie faité d’urgence et de stress est incompatible avec la maternité.

Confronté à de soudains problèmes de santé, le juge Roban oscille entre le courage de faire face et le refuge dans le déni. L’intrigue qui entoure Joséphine Karlasson est imaginative et s’appuie avec habilité sur les traits saillants du personnage, tout en dépeignant Maitre Edelman en  avocat cynique et ricaneur, néanmoins préoccupé du sort de sa consœur en danger.

Enfin, l’affaire de flics ripoux dépassés par leur combines offre une trame plausible, riche et prenante.

Une dimension politique sous-jacente

L’absence totale de propagande sirupeuse et vivreensembliste rend cette saison d’autant plus plaisante et pertinente. En effet, la série dépeint avec beaucoup de justesse et sans complaisance aucune une maire du 93 qui achète la paix sociale aux caids à coups de subventions, de clientélisme et de petits arrangements douteux. Cette dernière finit par se bruler les doigts des liaisons dangereuses qu’elle a entretenu par électoralisme, et la série décline cette thématique en pointant du doigt tous les conséquences très concrètes de cette politique semi-assumée de lâcheté et compromission :

  • Le local d’une association d’ « aide aux devoirs », généreusement payé par la mairie, n’a jamais vu l’ombre d’un livre de maths et sert à entreposer de la contrebande…
  • La maire dorlote les roms qui occupent un terrain public : après tout ce beau monde a le droit de vote au municipales !
  • Elle cède au chantage des frères Camara (duo de caids qui tiennent la cité) pour éviter que le quartier ne s’embrase…

On sent poindre une critique très sévère du dogmatisme socialisant derrière ce portrait au vitriol d’une maire socialiste, bernée et aveuglée l’image de « grand frère » sur laquelle s’appuient les frère Kamara.

Le triomphe du réalisme

A cet égard, les relations entre la maire de gauche et le commissaire Herville sont particulièrement savoureuses : c’est la confrontation entre la politique de l’autruche faussement naïve et le réalisme désabusé de celui qui regarde les choses telles qu’elles sont et non pas telles qu’il aimerait qu’elles soient. Quand madame la maire réalise qu’elle n’est plus à l’abri des voyous qu’elle protégeait jadis, elle courre voir le commissaire Herville pour quémander sa protection. Gageons qu’une pigiste du Nouvel Obs y verrait une odieuse ode à la société patriarcale et viriliste : «Entre la femme indécise et flottante (Laure Berthaud) et la maire pleutre et intrigante, Engrenages perpétue les clichés les plus éculés de l’autorité masculine et de l’ordre policier oppressif ».

L’image est forte et déclinable à l’infini : on imagine bien un Yann Barthès se réfugiant derrière les CRS pour échapper à une horde de « jeunes »…L’idéalisme et le relativisme finissent irrémédiablement par se fracasser sur le mur amer de la réalité.

Le spectateur averti sentira poindre des accents de « guerrila » quand une horde de bipèdes encapuchés prend d’assaut le commissariat.  On savoure également la mise en scène de la descente de police au camp de Rom dans le cadre d’une enquête criminelle : les manifestants pro roms y apparaissent comme des imbéciles hargneux qui ne font qu’envenimer une situation qui les dépasse.

On notera aussi un passage cocasse lorsque le caïd de cité, se surestimant de beaucoup, veut jouer dans la cour des grands en refourguant son or volé. En éternel grand enfant, kamara s’est fait rouler par son acheteur tel un bambin devant un illusionniste.

On imagine sans peine l’effroi d’un journaliste des Inrocks, fermant le clapet de son McBook après le dernier épisode et criant « mais…mais…c’est une série d’extrême droite » !

La lesquenisation des esprits

Le phénomène Lesquen désarme la gauche culturelle

L’élégant et longiligne Henry de Lesquen du Plessis-Casso est un spécimen qui déstabilise les observateurs. Quelle mouche a donc piquée ce grand bourgeois qui n’hésite pas a houspiller la « coterie juive » et la « musique nègre » ?

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Décontraction et bonne humeur

L’apparente absence totale d’inhibition et d’intériorisation des tabous sociétaux  fascine et amuse bien dans des proportions inédites. Les commentaires « types » sur la page facebook de l’intéressé sont ainsi ceux de jeunes (étudiants, lycéens) taguant leurs amis au détour d’un « C un ouf mdr » ou « le gars il n’a aucune limite lol ». On imagine en effet le choc ressenti par ces jeunes, au cerveau lavé à grande eau par les ignobles lessives que sont Hanounana, Konbini ou Slate. Par l’apparente contradiction de la forme et du fond, le phénomène Lesquen crée des dissonances cognitives à foison. La forme « cool » au service du fond « nauséabond » déstabilise les catégories mentales et les réflexes cognitifs du grand public. Comment des idées nationales pourraient être portée par d’autres gens que des skinheads bas de plafonds puants la bière, des retraités OAS  Maurrassien refaisant le monde en buvant du Cognac ou encore par des jeunes « white trash » de la « France périphérique » ?

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Exemple de dissonance : « je dois bien avouer que ça me plaît »

La cohérence interne du logiciel lesqueniste a également de quoi désarmer et attirer l’attention : au nom de la liberté de discrimination, Henry de Lesquen ne s’oppose ainsi pas à la tenue d’un festival « non mixte », cad interdit aux blancs.

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La maitrise des codes internet (largement identifiés voir confondu avec la culture « jeune » par la plupart des observateurs) par les lesquenistes laisse la classe journalistique dans l’embarras. A la manière d’un Aikidoka, H2L utilise la culture internet pour tordre le poignet du cosmopolitisme. L’avantage comparatif psychologique sur lequel il faut jouer est le suivant : les gens tracent largement un signe = entre les idées de droite dure et la bêtise, or H2L a fait Polytechnique et l’ENA, quel imbécile ! L’électeur de Macron – même le plus médiocre et le plus fade- est malheureusement convaincu de sa supériorité sur l’électeur « nationaliste ».  L’hégémonie culturelle sans partage de la gauche (version soupe humaniste) fait croire à des cohortes d’incultes que leurs idées ont l’apanage de l’intelligence et que celles d’en face ne sont que de vulgaires gargouillements d’une plèbe inculte et vraiment trop stupide pour comprendre l’infinie richesse de la diversité. Il convient donc de les déstabiliser par l’humour et une communication maline. En face, on ne trouve que l’inénarrable lourdeur de l’humour officiel à la Sophia Aram.

Refonder la droite sur les ruines de la gauche

Deux constats sur cette catastrophique élection présidentielle :

  • La péremption (espérons définitive) du sarkozisme électoral. Le mou et déprimant François Fillon a voulu jouer au dur et proclamer une ligne droitière qui n’est en réalité pas la sienne. Outre ses déboires, a –t- il convaincu de la sincérité de son « buissonisme » ? Rien n’est moins sûr.
  • La très manifeste insuffisance (voir la nullité crasse) du Front National qui avait pourtant un boulevard inédit devant lui. Marine le Pen, c’est le tireur surentrainé  qui rate un éléphant dans un corridor, et se débrouille pour se faire charger et écraser par ce dernier. Plutôt performante dans les formats interview, elle s’est révélée exécrable en débat, arborant un sourire crispé des plus déplacé et une attitude digne d’un caissière acariâtre au monoprix du coin. Face à Macron, il ne suffisait plus en effet de réciter des éléments de langages, mais de rebondir avec finesse en mobilisant les bons arguments au bon moment, tout en s’efforçant d’adopter une posture présidentielle.

Outre ce débat en dessous de tout, l’échec du FN provient des faiblesses conjuguées du personnage MLP (inculture, arrogance mal placée) et de la ligne Philippot, qui consiste à considérer le public anti immigration comme captif et tout miser sur le souverainisme économique. Il est ainsi urgent de se débarrasser des thématiques monomaniaques inopérantes sur le plan électoral : qui doute encore que la poursuite de l’immigration soit un plus grand moteur de vote pour le FN que les turpitudes de l’UE ?

D’une manière plus générale, la stratégie de dédiabolisation – dont les ressorts stratégiques sont légitimes –  s’est largement apparenté a une fuite en avant qui a fini par ligoter Marine Le Pen à l’arbre du politiquement correct. Malgré la modération de la forme et du fond, le français moyen considère toujours le FN comme un parti « extrémiste » et Marine Le Pen comme une « facho ». N’importe quel analyste sérieux et bien informé serait pourtant contraint de reconnaitre que Marine Le Pen est une chevénementiste, populiste certes, mais qui refuse l’étiquetage politique à droite, préférant largement un clivage souverainiste/mondialistes.

La tenaille antigauche

 

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Le gauchisme est une île cognitive en phase d’être recouverte par les eaux

L’excellente Marion Maréchal Le Pen au discours clair et articulé avait trouvé le bon compromis entre la véhémence et l’autocensure : les choses sont dites clairement mais proprement. Face au gauchisme culturel, elle représente le front « sérieux » et idéologique de la tenaille qu’il faut mettre en place. Sa retraite précoce (et non définitive) est donc une mauvaise nouvelle. Il est impératif que la ligne qu’elle incarne soit portée par des individus compétents médiatiquement performants, à savoir surtout pas des Collard (arriviste) ou des Aliot (simplet). Il faut bien admettre que ce n’est pas gagné d’avance, tant le FN ressemble à un triste champ de ruine…

De son côté, la culture troll et Henry de Lesquen représentent le front metapolitique et culturel, qui vise a subvertir la doxa officielle par l’humour et l’ironie. Cette méthode a d’autres vertus que celle de la pure provocation. Le sujet exposé à cette communication va en effet être tenté de réfléchir davantage sur les sujets abordés, et gageons que certains éléments de langages lesquenistes lui paraitront plus en phase avec la réalité que la langue de bois d’un Cambadelis.  La réalité migratoire devient en effet tellement grotesque et explicite que le narratif angélique de la gauche sociétale est voué à une lente décrépitude.

Henry de Lesquen constitue ainsi un moyen et non une fin, il est le vecteur privilégié de la destruction du politiquement correct, créature hideuse qui agonise, le dos planté d’innombrables banderilles dument méritées.

L’affaire Medhi Meklat démasque la gauche antiraciste

Un jeune des cités devenu médiatique est au cœur d’une tumultueuse polémique. D’innombrables tweets du « jeune » ont été exhumés des tréfonds du réseau social. On y trouve, entre autres joyeusetés, de l’admiration pour Mohammed Merah, et un appel à casser les jambes du « fils de pute » Alain Finkielkraut.

Quand on se rappelle que Dieudonné avait pris le ciel sur la tête pour son « je suis charlie coulibaly », il  y a de quoi être interloqué.

Double standards

Il est fascinant de voir une certaine « gauche » (urbaine, postmoderne, déconnectée de la réalité) se précipiter pour appliquer à Meklat la ligne de défense qu’ils ont toujours refusé à Dieudonné : « c’était dans le cadre d’une performance artistiques, ce sont des propos au troisième degré, volontairement outranciers ».  La presse de gauche sociétale parisienne refuse de laisser tomber leur symbole d’un vivre ensemble fantasmé. Tout est donc bon pour sauver leur protégé ; l’affaire ne serait qu’un complot de l’omnipotente fachosphère. Les plus enclins à dénoncer le « conspirationisme » on recours aux mêmes ficelles dialectiques quand ils sont en difficulté..

Si Medhi s’était appelé Paul ou Pierre, les mêmes médias hurleraient, traumatisés par des propos « nauséabonds ». Dans une vidéo laborieuse et pas drôle sur Marion Maréchal Le Pen, les deux compères évoquent « les vertus de la haine qui coulent dans ton sang blanc ». On imagine à peine le tollé si le « sang blanc » avait été le « sang noir » dans une émission consacrée à Christiane Taubira…On remarque donc que ceux qui constamment se plaignent du racisme et se complaisent dans la posture victimaire semblent particulièrement obsédés par la couleur de peau. Son comparse Badrou, congoïde aux yeux mi clos et au QI à deux chiffres, se fend lui aussi de déclarations pleines de positivité comme « “ce pays pue la gerbe, ce pays pue la merde / ce pays pue la haine, ce pays pue Le Pen”. Baudelaire on vous dit !

Le serpent antiraciste se mord la queue

Le racisme inconscient de la gauche moderne type les inrocks : quand un noir ou un arabe médiatique est capable d’enchainer deux phrases sans buter ou sans fautes, il devient automatiquement un petit génie, un Flaubert en herbe. Consciemment ou inconsciemment, ils baissent leurs standards de « talent » dès qu’il s’agit des personnes des banlieues, forcément victimes d’un racisme systémique, forcément oppressés. Cette affaire révèle l’arnaque et la « cocuitude » du discours antiraciste officiel : « Les races n’existent pas » mais nique ta race. « On est tous pareils », mais on défend les frères wallah. Avec les cas Adama et Théo, cette affaire révèle la très forte solidarité ethnique que développent et entretiennent les « rebeus » et « renoi ». Le dernier roman de Meklat est ainsi consacré à l’affaire Traoré. Il est très révélateur de voir l’extrême gauche se démener pour s’inscrire dans la protestation banlieusarde sur fond de haine des flics – les antifas adorent l’acronyme ACAB (all cops are bastards, pour le coup l’amalgame est validé et proclamé !). En revanche, quand Rémi Fraisse (militant de gauche) est mort, on a pas vu les « quartiers » se mobiliser pour le martyr…

Askolovitch, avocat de la défense

Voir Claude Askolovitch se lancer dans un numéro de contorsionniste est un spectacle des plus amusants. Il nous dépeint Meklat comme un héros torturé, un écrivain maudit victime d’une ignoble chasse à l’homme. Meklat est le christ de Claude Askolovitch : il est crucifié pour mieux nous sauver de nos péchés. Askolovitch va chercher bien loin dans ses racines une explication/métaphore tellement hors-sol qu’elle en devient vraiment drôle : « J’avais, pour ce jeune homme qu’on disait antisémite, une explication venue du judaïsme médiéval. Il était le rabbin Löw, de Prague, créant un personnage maléfique pour protéger les siens » Chutzpah !

Dr Medhi Mr Meklat

La stratégie « non mais ce n’était pas lui, il jouait un personnage » vole en éclat lorsqu’on observe son attitude et ses propos lors d’un échange avec Eugénie Bastié. On à bel et bien affaire à un jeune des cités plein de névroses, de ressentiment et d’agressivité, pas à un poète au-dessus de la mêlée. Ce Meklat n’est ni plus ni moins qu’un branleur de cages d’escalier qui est passé à la télé…

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De quoi Macron est-il le nom ?

Dans la peau d’un jeune premier

Macron le matin se passe de la crème sur ses mains malmenés par  ces poignes d’ouvriers – rugueuses, calleuses et huileuses – qu’il a dû serrer. Macron à midi déjeune avec Jaques Attali : « il est fini l’âge des patries ». L’après-midi, notre héro compte fiévreusement les nouveaux soutiens du jour : telle journaliste ambitieuse, tel sénateur opportuniste, telle star panurgique…Le soir, Emmanuel repart de plus belle avec une interview complaisante à tel ou tel média et s’endort serein, sur d’être la nouvelle coqueluche du cirque médiatique.

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L’omerta autour du candidat antisystème…

Emmanuel Macron est un multimillionnaire passé chez  Rothschild, banque d’affaire qu’on ne présente plus…Il a notamment embauché un joli pactole en pilotant le rachat par Nestlé d’une branche de Pfizer aux dépens du groupe français Danone. Macron dénote aussi par l’originalité de ses amours : en 2007, il épouse en effet une femme de 20 ans son ainée. En 2017 il tient à démentir la rumeur sur sa liaison supposée avec Mathieu Gallet…

Macron, c’est enfin et surtoût l’ancien ministre de Hollande qui veut incarner une rupture. C’est l’homme qui vendit la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric, amputant ainsi la France d’une entité industrielle particulièrement précieuse. Son rapport au bilan du quinquennat s’apparente à la relation entre un cheval et une mouche. Non, décidément, il est compliqué de s’en débarrasser, surtout quand on a été rédacteur du programme économique du candidat Hollande, devenu le président que l’on sait…

Des soutiens qui en disent long

La cohorte des soutiens macronniste est savoureusement explicite :

  • Attali et Minc, grands prêtres de la mondialisation, prêcheurs inlassables d’un multiculturalisme qu’eux même, curieusement, ne côtoient pas… L’un s’est disqualifié en faisant des analyses brutalement démenties par les faits, l’autre se prend pour un oracle et ressasse ses lubies dans des livres pompeux et répétitifs.
  • Pierre Bergé, richissime ex-amant d’Yves Saint Laurent, notamment connu pour sa délicieuse phrase : « Louer son ventre pour faire un enfant pour louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »
  • Celui qui veut renverser le système est aussi soutenu par de jeunes et fervents révolutionnaire comme Christine Lagarde et Pierre Gataz.
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Votez Macron !

La moyenne d’âge de ses soutiens est par ailleurs symptomatique du caractère trompeur de la jeunesse véhiculée par Macron.

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Jeunesse & avenir

L’abyssal vide politique…

Notre jeune premier est un adepte de la stratégie du paon : en mettre plein la vue pour paraitre plus impressionnant qu’il ne l’est vraiment : les cloches du macronnisme sonnent en effet plus fort que les autres dans le tintammare médiatique. Mais le problème c’est qu’elles sonnent faux ; outre la vacuité politique du personnage, ses meetings sont dépourvus de toute spontanéité, comme le démontre cette vidéo. A la fin du meeting, le banquier trahit sa fausseté en  mettant  sa main sur le cœur lors de l’hymne national, comme le font…les américains.

 La ligne d’attaque classique consiste accuser Macron de ne pas avoir de programme. Il faut lui reconnaitre l’audace de l’assumer, et de déclarer « On s’en fout du programme, ce qui compte c’est la vision ». Mais  en quoi donc consiste cette fameuse « vision » ? Le discours de Macron consiste à dire  « Je fais émerger un nouveau courant, je dépasse les clivages ! » Certes mais quel mouvement, avec quelle colonne vertébrale ? En marche, d’accord, mais vers où et avec qui ?

En quoi consisteront les positions d’Emmanuel Macron en politique internationale ? Aura –t- on vraiment droit à un retour du pragmatisme, c’est-à-dire à l’action indexée sur une appréciation sans biais des situations ? Rien n’est moins sûr. Le candidat Macron est particulièrement discret sur le sujet et laisse donc planer un grand doute sur son niveau de compréhension, ses conceptions et ses priorités.

L’évanescent Macron table habilement sur les artifices de la compétence et de la respectabilité (quand même, aussi loin aussi jeune, il est brillant !) et permet donc aux imbéciles de transcender leur état par le choix du candidat (je vote Macron car je ne suis pas binaire, la réalité c’est compliqué !). Emmanuel Macron souhaite incarner la politique postmoderne et transcourant du dépassement des idéologies. Au fond, Macron nous explique que désormais nos conceptions et nos schéma sont d’un autre siècle, la mondialisation est passée par là : Il est tant de se mettre à la page ! Nous sommes désormais entrés dans l’heure de la gestion froide et mathématique, dans l’eldorado technocratique du politique mondialisé.

La réputation d’intelligence d’Emmanuel Macron contraste sévèrement avec la platitude de la plupart de ses déclarations. Choisissons trois morceaux :

  • « Réconcilier la liberté avec l’égalité ». On retrouve la grande escroquerie qui consiste à superposer et accoler ses deux notions comme si elles se nourrissaient l’une de l’autre et participaient du grand mouvement vers le progrès. Il n’est pourtant pas compliqué de comprendre que ces notions s’opposent si on isole leur substance et qu’on la généralise à tout le corps social. Une société véritablement égale ne peut exister qu’au sacrifice de la liberté, et une société libre ne saurait être égale.
  • « Notre combat pour la fraternité, ça sera notre combat pour l’Europe » Attendez, j’essuie ma larme…
  • « Il faut réconcilier la France avec le monde » Voila du concret messieurs !

…ne parvient pas à masquer une coloration politique qui transparait

Macron vise le ventre mou  la politisation : étudiants en école de commerce incultes et sensibles à sa verve libérale,  fausse droite bourgeoise à la NKM, déçus du PS, retraités en quête de modération…A entendre les intentions de votes des partisans déçus de Valls, il semble bien que le centre de gravité politique d’Emmanuel Macron pèse plus à gauche qu’à droite.

Pour beaucoup, la fibre politique qui compose l’insaisissable Macron s’est brutalement révélée lorsqu’il a déclaré que la colonisation était un « crime contre l’humanité », propos tellement grotesque et obscène qu’on ne s’y attardera pas. Avant cette sortie, beaucoup d’éléments permettaient pourtant de se faire une idée assez claire des idées du personnage.

Sur le plan économique, Macron endosse et valide tout ce qui achève le délitement des souverainetés et ce qui nuit aux filières nationales. Il n’hésite pas à manifester son enthousiasme pour le CETA, traité qui pourtant menace entre autres l’agriculture française, la sécurité alimentaire et les IGP…

Sur l’Europe, l’ex-ministre est le fils spirituel de Jacques Attali. Résolument pro-européen, il fait miroiter des lendemains qui chantent pour mieux relativiser les innombrables échecs et limites structurelles de l’UE. Cet euro optimisme se base sur un argument simple et purement spéculatif : si l’Union Européenne va mal, c’est parce qu’il n’y a « pas assez d’Europe » ! Suggérer l’objet même du malaise en remède contre celui-ci, Il fallait oser…

Si nuancé sur tant de sujets, Macron parait pourtant bien sûr de la justesse et de la pertinence de certaines mesures sociétales identifiée au « progressisme » cher à une gauche qui se sert du « sociétal » comme cache-sexe pour mieux faire oublier ses renoncements successifs. Il aurait été bien sûr très surprenant que Macron se prononce contre le mariage homosexuel, ou contre l’adoption par ces derniers. Mais notre ex banquier va jusqu’à se prononcer pour la thématique la plus clivante de ce « paquet progressiste « , c’est-à-dire la GPA.

Sur le plan sociétal toujours, Macron s’est illustré par une phrase particulièrement cauchemardesque : « il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France et elle est diverse » Victor Hugo, Balzac, Le Notre, Berlioz, Rimbaud…Autant d’entrepreneur de la culture qui ont simplement produit et publié leur œuvres sur le territoire Français ! Le tout ne constitue donc pas un corpus national qui soit une légitime source de fierté… C’est l’apologie du déracinement et la négation du rôle constitutif joué l’âme collective d’un peuple (épreuves historiques, spécificités économiques, sociales et géographiques) dans le développement d’une culture donnée. Rappelons que Johannes Brahms a écrit un « Deutsche Requiem », pas un « Requiem multiculturel ».

Sur le sujet migratoire, aucune surprise à l’horizon. Macron s’ancre dans le camp du bien et de l’accueil en utilisant sans vergogne la rhétorique moisie des années 80 (PS et SOS Racisme) : la diversité est une chance, les migrants sont une véritable opportunité économique. Ce discours ne tient pas une seconde si on le déconstruit froidement. Macron est-il si sûr du niveau de qualification des migrants qui déferlent par milliers sur un pays sans avenir ? A –t-il savamment calculé le poids économique que représente les migrations incontrôlées (mobilisation policière de long terme jadis à Calais, traitement des demandes d’asiles, poids sur un système de santé déjà surchargé ?) En d’autre terme, le faux humanisme postule sur l’hypothèse la plus optimiste (chaque réfugié est un futur physicien nucléaire ou un Elon Musk en puissance) que Macron sait très bien être fausse. S’il est lucide, il sait que ces incantations pseudo humanistes agonissent sous les coups de boutoirs de la réalité..

Dans une interview, Macron affirme pourtant qu’il est toujours préférable de nommer le réel, car «quand on nomme le réel on le traite mieux ». Voilà une déclaration d’un bon sens encourageant ! Quel déception de constater que notre coqueluche n’applique pas vraiment cette doctrine. Sur l’immigration, sujet qui explique le succès du Front National, on attend que notre jeune premier nomme la réalité. La réalité qui montre que, n’en déplaise aux escrocs de la « déradicalisation », le premier contingent de « français » daechiens n’est pas formé par des français de souche…Le sunnisme extrémiste de daech offre une transcendance à des cas comme absdeslam, qui troquent leur PS4 pour une kalash. Autre réalité laide et brutale : la délinquance et l’ultraviolence des bandes ethniques qui sévissent dans tous les grands centres urbains…Tous les français ne connaissent que trop bien ce phénomène, même ceux qui ne pipent mot sur le sujet, engoncés dans leur lâcheté et étouffés par leur surmoi pétri d’autocensure.   Les belles âmes qui expliquent sur un plateau TV que « faire le lien entre l’immigration et l’insécurité est un fantasme xénophobe » changent docilement de trottoir quand ils croisent une bande de « chances pour la France ». Mais laissons-lui le bénéfice du doute, entre une bonne table parisienne et ses trajets en grosses berlines avec chauffeur, il est possible qu’Emmanuel Macron ne connaisse pas cette réalité-là. Elle joue pourtant un rôle moteur sur le plan politique : si 30% des Français s’apprêtent à voter FN, ce n’est certainement pas du fait du discours eurosceptique d’un Philippot…

Au fond, Laurence Haïm ne se trompe pas en affirmant que Macron est le Obama français. Tout sur la présentation rien sur le fond. Bonne gueule, bonne élocution, propre sur lui et rassurant ! Nous avons affaire à un produit marketing soigneusement mis en scène, au dernier clown à la mode de la politique spectacle vidée de toute substance. Macron est une abstraction doublée d’une régression. La fonction présidentielle, déjà largement salie et affaiblie, ne sortira pas grandie si un homme de 39 ans, jamais élu et donc sans attaches ni expériences de gestion  territoriale, venait à être élu président.

Nicole Ferroni, ou la géopolitique hormonale

Non dénuée de talent ou d’intelligence, au débit de parole rapide et animé, Nicole Ferroni est la nouvelle coqueluche de la chronique radio. Percutante, drôle, pertinente ? Certains lui prêtent ces qualités et voient en elle ce que la médiocre Sophia Aram aurait aimé incarner. Nicole Ferroni a récemment gratifié son auditoire d’une chronique d’une lourdeur éléphantesque, logorrhée tourbillonnante enrobée de sanglots et de soubresauts. Produit parfait de l’ère de l’infotainement court-termiste, la chronique est donc partagée massivement sur twitter et facebook.  Magie de l’internet ! Sabrina, coiffeuse en PACA, peut donc partager ce contenu à ses « amis », en disant « on ne peut pa dire kon ne savai pa »

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Dans la mesure où il faut juger et jauger les choses à l’aune de leurs prétentions, on ne reprochera pas ici à Nicole de ne pas être experte en géopolitique. Nicole n’a pas bourlingué au proche orient, et ne prétend pas avoir des compétences en la matière. Elle commence même par le reconnaitre au début de sa chronique. Dans un élan de candeur touchante, elle qualifie les casques blancs de « civils sauvant d’autres civils » et affirme s’informer uniquement via un « journaliste indépendant » sur twitter… Mais la chronique en question est un éléphant dans un corridor, et comptez sur nous pour ne pas le rater. Epaulons…

L’effusion…google google yahoo

La première chose qui frappe dans cette chronique, c’est la quasi absence de faits et l’omniprésence d’éléments purement émotionnels et subjectifs. On a ainsi le droit à des morceaux de bravoure tout droit sortis d’une dissertation de première L sur la seconde guerre mondiale : « La guerre (…) C’est prendre un présent et le réduire en cendres. Remplacer le cosy par la terreur. Mettre un chaos qui ne laisse plus aucune place à la douceur pas même celle des pâtisseries car la guerre avale toutes les couleurs et met du noir à la place. » Quitte à faire dans le lieu commun, une citation bien connue aurait été plus approprié : « la première victime de la guerre, c’est la vérité ».

On l’a compris, la guerre c’est pas beau et c’est pas bien ! Bref, ce sont les hormones qui parlent plus que le cerveau, et on est plus sur un esprit Konbini que Descartes…

Les violons sont donc de sortie, comme en témoigne la gorge nouée de Patrick Cohen pendant les quelques secondes de silence faisant résonner la gravité de la messe médiatique qui vient d’être dite.

…et les faits

Pas question de nier que la situation sur place doit effectivement être horrible, pas question de nier que les Russes ne font pas dans la dentelle. Mais on aimerait quand même tendre le micro à Nicole, et lui demander de développer un peu : 

  • Pourquoi ne parle –t-elle pas de la surrévaluation grotesque du nombre de civils présents à Alep Est ? Les médias bombardent le chiffre de 250 000 comme parole d’évangile. On sait aujourd’hui que l’estimation la plus hautes en dénombrait 80 000…
  • A l’heure ou la « desintox » est à la mode, pourquoi ne déconstruit-elle pas le propaganda stunt autour de la petite Bana Aled ? Il s’agit d’une petite fille de 7 ans, qui s’est découvert une vocation de PR parfaitement bilingue sous les bombes russes. Tous les projecteurs médiatiques sont donc braqués sur cette Anne Frank du pauvre, et personne ne cherche à s’intéresser à la spontanéité du compte twitter, dont on laisse au lecteur le soin d’apprécier la teneur :

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  • Pourquoi ne pas mentionner l’intoxication informationnelle présente sur twitter ? Les images et vidéos censées appuyer les dires d’exactions commises par l’armée syrienne et ses alliés venaient toutes de conflits précédents.
  • Pourquoi ne parle-t-elle pas des bombardements aveugles que commettent les rebelles avec leur fameux « hell’s canon », c’est-à-dire des bombonnes de gaz tirées par des mortiers ? Cette arme, par définition imprécise et chaotique, n’a pas l’air de torturer la conscience de nos « combattants de la liberté ».
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Rebelle modéré rédigeant la nouvelle constitution de la Syrie libre et démocratique
  • Pourquoi ne donne-t-elle pas la parole aux habitants de l’ouest, mais aussi de l’est ? Elle pourrait ainsi apprendre que les civils d’Alep est sont pris en otage – parfois au sens littéral du terme- par les groupes armés qui occupent leur quartiers ? En décembre, des civils tentant de fuir ont ainsi été froidement mitraillés
  • Pourquoi ne s’intéresse –t-elle pas aux nombreuses images et vidéos qui démontent le mythe des «white helmets », qui ressemblent plus à des attachés de presse d’Al Qaida qu’a mère Teresa ?
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Les sauveurs humanitaires indépendants à l’oeuvre
  • Comment explique –t-elle les images et vidéos de liesse populaire dans Alep libérée ? S’agit-il selon-elle de vidéos truquées ?
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Célébration dans Alep libérée (image truquée par le GRU)

Bref, à écouter Nicole Ferroni, l’armée syrienne ne vise que les hôpitaux, les écoles, les boulangeries et les usines de poupées, et se réjouit profondément à chaque civil tué. Sait-elle que certains soldats ont de la famille à Alep est ? A l’inverse, les bombonnes de gaz des rebelles ne tuent naturellement que des soldats, bien proprement… Si on mesure le caractère horrible d’une guerre à la souffrance subie par les civils, alors la guerre que mène l’Arabie Saoudite au Yémen est bien pire que l’offensive de reconquête d’Alep. Je vois venir le contradicteur : « « Et le Yémen », les apologistes d’Assad disent tous ça, c’est trop facile ! ». Sauf que si on s’en tient au nombre de civils morts et blessés ramenés durée de la guerre, et si on compare les méthodes de ciblages et les « faits d’armes » (comme le bombardement de funérailles ayant tué 700 personnes), la comparaison est vite pliée.  Le silence de ceux qui vitupèrent contre la Russie et se font bien discret sur le Yémen n’en est que plus criant. Ne parlons pas du fait que l’armée syrienne tente de libérer le territoire national tandis que l’Arabie Saoudite bombarde un pays étranger.

Cette chronique est à mettre en relation avec le traitement dérisoire que l’émission Quotidien de Yann Barthes inflige à l’actualité internationale. Un jeune journaliste y traitait la question d’Alep à travers le prisme de ses skypes et whatsapp avec un certain Ismael, résidant à Alep Est. Le journaliste en question inonde donc twitter des correspondances d’Ismael. Si Ismael à froid, ou à le pied gauche qui le gratte, Hugo Clement ne manquera pas de relayer l’information Pas un gramme d’analyse, pas une once de prise de recul.. Il n’est jamais au grand jamais question des enjeux de cette guerre, la Syrie actuelle étant le point de rencontre et d’empilement des conflictualités régionales et internationales.

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Toi aussi, comprend la guerre en Syrie avec Ismael
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Bizarrement, Hugo Clement fait l’impasse sur le fait que les bus affrétés par le gouvernement pour évacuer les civils aient été brulés par les rebelles

Par son approche purement émotionnelle, et dont le contenu est de fait désinformateur, Nicole Ferroni apporte des litres d’eau au moulin du désaveu des médias officiels. Quand on ne relaie qu’un seul discours, et qu’on discrédite – à priori et à grand renfort d’anathèmes – toute tentative d’information alternative,  on ne peut s’étonner de la défiance croissante dont on fait l’objet.

Note : ce petit texte n’est pas un mémoire universitaire, et nous estimons le lecteur assez grand pour trouver l’information supputant les éléments factuels avancés ci-dessus. Il n’y a donc pas de notes de bas de page.  A ce propos, des éléments factuels en contradiction avec le discours officialiste se trouvent de plus en plus dans les grands médias, notamment dans le Figaro et Marianne.

Ce que l’histoire du technicien orange révèle du féminisme

Chronique d’une société malade

Pour résumer l’affaire, un technicien Orange à envoyé le SMS suivant à une de ses clientes. Celle-ci  a contacté dans la foulée la hiérarchie du technicien : un CDI qui saute pour un « très jolie », l’addition sera salée pour l’infortuné…

Traitée de « jolie »,  la malheureuse victime (nous pensons bien sûr à cette jeune femme) doit être à cette heure-ci plongée dans un indicible désespoir, et endurer d’interminables crises de spasmes et de larmes. On espère que des psychologues à l’écoute l’aideront à surmonter cette épreuve…

  • Le pire n’est pas que si le technicien avait été beau gosse et à son goût, elle aurait plutôt répondu : « bah écoute je suis dipso vendredi…ça te dit d’aller prendre un verre ! »
  • Le pire n’est pas que cette même guerrière du droit des femmes baisse consciencieusement les yeux quand elle se fait alpaguer dans la rue par une bande de racaille « eh d’où tu nous ignore wallah, fait pas la pute sale chienne ! », et qu’une fois monté pour sa petite soirée de pré-trentenaires de merde avec des chips à 8€, du vin et de la musique lounge, elle dira avoir été emmerdé par des « relous », terme qui permet de ne jamais mentionner l’évidence sur l’appartenance ethnique de ces gentlemen…

Non, le pire est le sadisme désinvolte avec lequel elle affirme à l’effronté qu’elle va prévenir sa direction. Elle se gargarise de sa délation, et termine le message par un « très bonne journée » insupportable de cruauté et de pseudo ironie suffisante, la seule à laquelle ses capacités cognitives lui donnent sans doute accès.

La cerise sur le gâteau, c’est qu’elle poste le tout sur les réseaux sociaux. Par définition, quand on poste un contenu sur facebook, c’est qu’on estime qu’il renvoie une image positive, amusante ou intéressante de soi-même. Qu’elle se vante publiquement d’appeler au licenciement de ce technicien est particulièrement révélateur du malaise profond dans lequel nous sommes plongé. Il est quand même amusant de constater qu’il soit aujourd’hui « subversif » de penser que la réaction d’une fille saine d’esprit à un compliment léger et non réitéré devrait être – si elle n’est pas intéressée – un laconique « merci mais…», ou un haussement d’épaule avec un sourire ironique…

Il se trouve que cette victime tient un blog, sur lequel elle épanche sa dérisoire soif de visibilité pour satisfaire son narcissisme parisien de « femme » postmoderne. Je ne résiste pas à l’envie de recopier sa description, qui est une vraie caricature : « Parisienne de naissance, Rouquine et Tatouée, Social Media Manager, Végétarienne, ici je vous partage ma passion pour le minimalisme, la pop-culture, les voyages, le sport et le We ». On imagine sans peine poursuivre cette description à la place de cette pauvrette : « j’aime le petit journal et Xavier Dolan, ouverte sur le monde et à toute les cultures, ne supporte pas les intolérants. » Ce n’est pas le sujet, mais son « métier » vide de sens et improductif au possible est l’incarnation même de l’économie tertiarisée jusqu’à l’os, des « bullshits jobs » qui ne nécessitent aucun savoir-faire ou compétence spécifique.

Bref, on a très probablement affaire à une jeune fille s’étant fait retourner le cerveau par le poison corrosif qu’est le féminisme contemporain, contradictoire, revendicatif, absurde et agressif.

Victime et bourreau, le féminisme est un fléau

Le féminisme hystériste, qui par sa dévorante passion de la déconstruction, apprend aux filles qu’un regard de plus de 2,3 secondes équivaut à un viol en réunion, et que le sourire un peu trop chaleureux d’un collègue est ni plus ni moins qu’une agression qui tait son nom. On a dû lui apprendre à haïr la société patriarcale, terme qu’elle ne manquera pas de répéter dans l’espoir a demi-avoué que ça émaillera son discours de merde d’un vernis intellectualiste. Par son aspect revanchard et victimaire, ce féminisme destructeur instaure un rapport de force supplémentaire et néfaste entre les hommes et les femmes, il substitue à des relations sereines et décomplexées une suspicion permanente et une gène latente. « Ne suis-je pas trop patriarcal, à lui tenir la porte du métro ?», pensera le sous-homme urbain dans quelques années. Pétri d’hypocrisies et criblé de bugs 404 (Cologne 2015 et Suède tout le temps: quand l’immigré attaque la femme, que doit penser la féministe « de gauche » ?), le féminisme moderne mélange tout et criminalise la drague la plus inoffensive, comme un sourire ou un « vous êtes jolie ». Il est malhonnête en mettant le harcèlement qui sévit en Europe de l’Ouest sur le dos de l’homme en général. Pour le coup, la société patriarcale est peut-être fautive, mais celle du Maghreb ! Combien de femmes étaient agressées de la sorte dans le Paris ou le Stockholm des années 60 ?

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Féministe dénonçant la société patriarcale

L’imposture principale du féminisme a été de faire passer la mise au travail des femmes pour de l’émancipation, c’est-à-dire de l’aliénation pour de la libération.  On pourrait ici embrayer sur une analyse systémique, expliquant en quoi le féminisme a été un rouleau compresseur bien utile au capitalisme, qui bénéficie ainsi virtuellement de deux fois plus d’employés et de consommateurs ! La libération de la femme, drap rouge de corrida pour la démocratie de marché : viens vers l’émancipation…encore…et hop ! Direction Auchan, à la caisse jusqu’à 20h30 !

Que vaut le beau regard d’un fils ou d’une fille face aux discussions à la machine à café avec Sandrine et Grégoire, tes collègues cons dans le dos desquels tu craches à la première occasion ? Que sont les premiers pas face aux délices du RER matinal, pour ne pas rater le briefing hebdomaire de ta « boite » ?  C’est vrai qu’entre de longs et tendres moments passés avec ses enfants, et les inénarrables joies des réunions et du self d’entreprise, l’émancipation fait mal là où elle passe !

Cette féministe au comportement si révélateur ne devra pas s’étonner de finir seule à 35 ans dans son appartement du 11eme arrondissement, à manger une boite de sushi hors de prix devant Netflix, sans aucun homme pour lui caresser les cheveux (ignoble marque d’une société patriarcale qui objectifie la femme) pendant son  insipide série…

Enfin, que les gens cessent de harceler où d’insulter cette pauvre fille, mais ne lui posent qu’une seule question « Etait-il vraiment utile de prévenir la hiérarchie de cet employé pour un seul compliment –certes déplacé – mais spontané ? »

La page facebook de la « victime de harcèlement »