De quoi Macron est-il le nom ?

Dans la peau d’un jeune premier

Macron le matin se passe de la crème sur ses mains malmenés par  ces poignes d’ouvriers – rugueuses, calleuses et huileuses – qu’il a dû serrer. Macron à midi déjeune avec Jaques Attali : « il est fini l’âge des patries ». L’après-midi, notre héro compte fiévreusement les nouveaux soutiens du jour : telle journaliste ambitieuse, tel sénateur opportuniste, telle star panurgique…Le soir, Emmanuel repart de plus belle avec une interview complaisante à tel ou tel média et s’endort serein, sur d’être la nouvelle coqueluche du cirque médiatique.

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L’omerta autour du candidat antisystème…

Emmanuel Macron est un multimillionnaire passé chez  Rothschild, banque d’affaire qu’on ne présente plus…Il a notamment embauché un joli pactole en pilotant le rachat par Nestlé d’une branche de Pfizer aux dépens du groupe français Danone. Macron dénote aussi par l’originalité de ses amours : en 2007, il épouse en effet une femme de 20 ans son ainée. En 2017 il tient à démentir la rumeur sur sa liaison supposée avec Mathieu Gallet…

Macron, c’est enfin et surtoût l’ancien ministre de Hollande qui veut incarner une rupture. C’est l’homme qui vendit la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric, amputant ainsi la France d’une entité industrielle particulièrement précieuse. Son rapport au bilan du quinquennat s’apparente à la relation entre un cheval et une mouche. Non, décidément, il est compliqué de s’en débarrasser, surtout quand on a été rédacteur du programme économique du candidat Hollande, devenu le président que l’on sait…

Des soutiens qui en disent long

La cohorte des soutiens macronniste est savoureusement explicite :

  • Attali et Minc, grands prêtres de la mondialisation, prêcheurs inlassables d’un multiculturalisme qu’eux même, curieusement, ne côtoient pas… L’un s’est disqualifié en faisant des analyses brutalement démenties par les faits, l’autre se prend pour un oracle et ressasse ses lubies dans des livres pompeux et répétitifs.
  • Pierre Bergé, richissime ex-amant d’Yves Saint Laurent, notamment connu pour sa délicieuse phrase : « Louer son ventre pour faire un enfant pour louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »
  • Celui qui veut renverser le système est aussi soutenu par de jeunes et fervents révolutionnaire comme Christine Lagarde et Pierre Gataz.
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Votez Macron !

La moyenne d’âge de ses soutiens est par ailleurs symptomatique du caractère trompeur de la jeunesse véhiculée par Macron.

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Jeunesse & avenir

L’abyssal vide politique…

Notre jeune premier est un adepte de la stratégie du paon : en mettre plein la vue pour paraitre plus impressionnant qu’il ne l’est vraiment : les cloches du macronnisme sonnent en effet plus fort que les autres dans le tintammare médiatique. Mais le problème c’est qu’elles sonnent faux ; outre la vacuité politique du personnage, ses meetings sont dépourvus de toute spontanéité, comme le démontre cette vidéo. A la fin du meeting, le banquier trahit sa fausseté en  mettant  sa main sur le cœur lors de l’hymne national, comme le font…les américains.

 La ligne d’attaque classique consiste accuser Macron de ne pas avoir de programme. Il faut lui reconnaitre l’audace de l’assumer, et de déclarer « On s’en fout du programme, ce qui compte c’est la vision ». Mais  en quoi donc consiste cette fameuse « vision » ? Le discours de Macron consiste à dire  « Je fais émerger un nouveau courant, je dépasse les clivages ! » Certes mais quel mouvement, avec quelle colonne vertébrale ? En marche, d’accord, mais vers où et avec qui ?

En quoi consisteront les positions d’Emmanuel Macron en politique internationale ? Aura –t- on vraiment droit à un retour du pragmatisme, c’est-à-dire à l’action indexée sur une appréciation sans biais des situations ? Rien n’est moins sûr. Le candidat Macron est particulièrement discret sur le sujet et laisse donc planer un grand doute sur son niveau de compréhension, ses conceptions et ses priorités.

L’évanescent Macron table habilement sur les artifices de la compétence et de la respectabilité (quand même, aussi loin aussi jeune, il est brillant !) et permet donc aux imbéciles de transcender leur état par le choix du candidat (je vote Macron car je ne suis pas binaire, la réalité c’est compliqué !). Emmanuel Macron souhaite incarner la politique postmoderne et transcourant du dépassement des idéologies. Au fond, Macron nous explique que désormais nos conceptions et nos schéma sont d’un autre siècle, la mondialisation est passée par là : Il est tant de se mettre à la page ! Nous sommes désormais entrés dans l’heure de la gestion froide et mathématique, dans l’eldorado technocratique du politique mondialisé.

La réputation d’intelligence d’Emmanuel Macron contraste sévèrement avec la platitude de la plupart de ses déclarations. Choisissons trois morceaux :

  • « Réconcilier la liberté avec l’égalité ». On retrouve la grande escroquerie qui consiste à superposer et accoler ses deux notions comme si elles se nourrissaient l’une de l’autre et participaient du grand mouvement vers le progrès. Il n’est pourtant pas compliqué de comprendre que ces notions s’opposent si on isole leur substance et qu’on la généralise à tout le corps social. Une société véritablement égale ne peut exister qu’au sacrifice de la liberté, et une société libre ne saurait être égale.
  • « Notre combat pour la fraternité, ça sera notre combat pour l’Europe » Attendez, j’essuie ma larme…
  • « Il faut réconcilier la France avec le monde » Voila du concret messieurs !

…ne parvient pas à masquer une coloration politique qui transparait

Macron vise le ventre mou  la politisation : étudiants en école de commerce incultes et sensibles à sa verve libérale,  fausse droite bourgeoise à la NKM, déçus du PS, retraités en quête de modération…A entendre les intentions de votes des partisans déçus de Valls, il semble bien que le centre de gravité politique d’Emmanuel Macron pèse plus à gauche qu’à droite.

Pour beaucoup, la fibre politique qui compose l’insaisissable Macron s’est brutalement révélée lorsqu’il a déclaré que la colonisation était un « crime contre l’humanité », propos tellement grotesque et obscène qu’on ne s’y attardera pas. Avant cette sortie, beaucoup d’éléments permettaient pourtant de se faire une idée assez claire des idées du personnage.

Sur le plan économique, Macron endosse et valide tout ce qui achève le délitement des souverainetés et ce qui nuit aux filières nationales. Il n’hésite pas à manifester son enthousiasme pour le CETA, traité qui pourtant menace entre autres l’agriculture française, la sécurité alimentaire et les IGP…

Sur l’Europe, l’ex-ministre est le fils spirituel de Jacques Attali. Résolument pro-européen, il fait miroiter des lendemains qui chantent pour mieux relativiser les innombrables échecs et limites structurelles de l’UE. Cet euro optimisme se base sur un argument simple et purement spéculatif : si l’Union Européenne va mal, c’est parce qu’il n’y a « pas assez d’Europe » ! Suggérer l’objet même du malaise en remède contre celui-ci, Il fallait oser…

Si nuancé sur tant de sujets, Macron parait pourtant bien sûr de la justesse et de la pertinence de certaines mesures sociétales identifiée au « progressisme » cher à une gauche qui se sert du « sociétal » comme cache-sexe pour mieux faire oublier ses renoncements successifs. Il aurait été bien sûr très surprenant que Macron se prononce contre le mariage homosexuel, ou contre l’adoption par ces derniers. Mais notre ex banquier va jusqu’à se prononcer pour la thématique la plus clivante de ce « paquet progressiste « , c’est-à-dire la GPA.

Sur le plan sociétal toujours, Macron s’est illustré par une phrase particulièrement cauchemardesque : « il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France et elle est diverse » Victor Hugo, Balzac, Le Notre, Berlioz, Rimbaud…Autant d’entrepreneur de la culture qui ont simplement produit et publié leur œuvres sur le territoire Français ! Le tout ne constitue donc pas un corpus national qui soit une légitime source de fierté… C’est l’apologie du déracinement et la négation du rôle constitutif joué l’âme collective d’un peuple (épreuves historiques, spécificités économiques, sociales et géographiques) dans le développement d’une culture donnée. Rappelons que Johannes Brahms a écrit un « Deutsche Requiem », pas un « Requiem multiculturel ».

Sur le sujet migratoire, aucune surprise à l’horizon. Macron s’ancre dans le camp du bien et de l’accueil en utilisant sans vergogne la rhétorique moisie des années 80 (PS et SOS Racisme) : la diversité est une chance, les migrants sont une véritable opportunité économique. Ce discours ne tient pas une seconde si on le déconstruit froidement. Macron est-il si sûr du niveau de qualification des migrants qui déferlent par milliers sur un pays sans avenir ? A –t-il savamment calculé le poids économique que représente les migrations incontrôlées (mobilisation policière de long terme jadis à Calais, traitement des demandes d’asiles, poids sur un système de santé déjà surchargé ?) En d’autre terme, le faux humanisme postule sur l’hypothèse la plus optimiste (chaque réfugié est un futur physicien nucléaire ou un Elon Musk en puissance) que Macron sait très bien être fausse. S’il est lucide, il sait que ces incantations pseudo humanistes agonissent sous les coups de boutoirs de la réalité..

Dans une interview, Macron affirme pourtant qu’il est toujours préférable de nommer le réel, car «quand on nomme le réel on le traite mieux ». Voilà une déclaration d’un bon sens encourageant ! Quel déception de constater que notre coqueluche n’applique pas vraiment cette doctrine. Sur l’immigration, sujet qui explique le succès du Front National, on attend que notre jeune premier nomme la réalité. La réalité qui montre que, n’en déplaise aux escrocs de la « déradicalisation », le premier contingent de « français » daechiens n’est pas formé par des français de souche…Le sunnisme extrémiste de daech offre une transcendance à des cas comme absdeslam, qui troquent leur PS4 pour une kalash. Autre réalité laide et brutale : la délinquance et l’ultraviolence des bandes ethniques qui sévissent dans tous les grands centres urbains…Tous les français ne connaissent que trop bien ce phénomène, même ceux qui ne pipent mot sur le sujet, engoncés dans leur lâcheté et étouffés par leur surmoi pétri d’autocensure.   Les belles âmes qui expliquent sur un plateau TV que « faire le lien entre l’immigration et l’insécurité est un fantasme xénophobe » changent docilement de trottoir quand ils croisent une bande de « chances pour la France ». Mais laissons-lui le bénéfice du doute, entre une bonne table parisienne et ses trajets en grosses berlines avec chauffeur, il est possible qu’Emmanuel Macron ne connaisse pas cette réalité-là. Elle joue pourtant un rôle moteur sur le plan politique : si 30% des Français s’apprêtent à voter FN, ce n’est certainement pas du fait du discours eurosceptique d’un Philippot…

Au fond, Laurence Haïm ne se trompe pas en affirmant que Macron est le Obama français. Tout sur la présentation rien sur le fond. Bonne gueule, bonne élocution, propre sur lui et rassurant ! Nous avons affaire à un produit marketing soigneusement mis en scène, au dernier clown à la mode de la politique spectacle vidée de toute substance. Macron est une abstraction doublée d’une régression. La fonction présidentielle, déjà largement salie et affaiblie, ne sortira pas grandie si un homme de 39 ans, jamais élu et donc sans attaches ni expériences de gestion  territoriale, venait à être élu président.

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